Conférence Expo-Soupe_Outaouais

29 février 2016 –

Cuisiner, c’est santé ! –

La nature fait apparemment bien les choses. Ce faisant les aliments frais demeurent ce qu’il y a de meilleur pour la santé. On se rend toutefois compte que le fait de les apprêter soi-même est aussi une méthode qui garantit une saine alimentation. C’est entre autres le message que l’on a cherché à envoyer lundi soir dans le cadre de la Conférence Expo-soupe.
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Le tout avait lieu à la Ferme Moore et était organisé par l’Office municipal d’habitation de Gatineau (OMHG) ainsi que le Regroupement des cuisines collectives de Gatineau (RCCG).Cette Conférence Expo-Soupe est en fait une initiative du Regroupement des cuisines collectives du Québec (RCCQ) et vise à souligner ses 25 années d’existence.«On parle de l’importance de la cuisine pour une alimentation», résume Jean-Claude Moubarac, soit celui qui donnait la conférence.C’est donc à titre de spécialiste de la santé publique en alimentation que ce dernier a donné son exposé. Ce qu’il y a à retenir c’est que «la cuisine peut être une bonne façon de se garder une santé individuelle» et que ces aliments «ultra-transformés» qui ont fait l’apparition dans les supermarchés dans les dernières années représentent une menace.Ce dernier croit aussi que «c’est un mythe de penser qu’on ne peut pas bien s’alimenter à moindre coût». En contrepartie, M. Moubarac reconnaît que de faire des choix à l’épicerie est devenu une chose ardue. Il est d’avis que malgré la «confusion […] on peut développer certaines habiletés et connaissances qui vont être utiles pour le restant de notre vie [en tant que consommateur]».À cette réflexion sur les aliments, l’industrie et le rôle des instances publiques en ce qui a trait à la bonne façon de s’alimenter s’est ajoutée une dégustation de soupes. Celles-ci étaient concoctées par des membres de ce même RCCG. Une petite exposition de photos avait aussi été organisée afin de «donner un visage aux cuisines collectives», explique Josée Poirier Defoy, coordonnatrice du regroupement.Des aliments qui n’en sont pas

Les quelque 50 personnes présentes ont aussi eu droit à une conférence leur proposant notamment une nouvelle façon de classifier les aliments.

M. Boubarac a effectivement souligné que le Guide alimentaire canadien tel que proposé est «obsolète» dans la mesure où il ne permet pas de classer 25% des aliments que l’on retrouve sur les tablettes.

Les quatre groupes proposés par ce système élaboré – classification NOVA – dans le cadre de ses recherches en nutrition publique classent donc les aliments par leur niveau de transformation. Les premiers n’étant pas du tout transformés et le quatrième étant ceux considérés «ultra-transformés».

Cette méthode semble donc plus adaptée à la réalité alimentaire du 21ième siècle, mais permet également d’apporter une réflexion sur l’industrie alimentaire.

Transformer minimalement les aliments de base, c’est-à-dire en les cuisinant, apparaît toutefois comme un geste culturel. Et c’est elle-même qui aurait contribué à l’évolution de l’Homme.

Parmi les 30 000 produits qu’on trouve dans les épiceries toutefois, ces représentants du quatrième groupe semblent «vides pas seulement au niveau nutritionnel, mais aussi culturel».

Cuisiner et mieux sélectionner ses aliments devient «une façon de voter». C’est pourquoi il importe de «comprendre les aliments transformées [et] leur impact sur notre santé», allègue le chercheur.

Et s’il semblait important d’éduquer la population sur cette industrie, M. Moubarac a aussi entretenu son public sur les liens à faire entre cette nouvelle alimentation et l’augmentation du taux d’obésité, rappelant qu’une personne sur quatre est considérée obèse ici au Québec.

Le conférencier poursuivra sa route dans le cadre d’une tournée québécoise, toujours dans le but de souligner les 25 ans du RCCQ. Il récoltera au passage des pots de soupe qui doivent être déposés à l’Assemblée nationale en guise de symbole. «C’est une campagne contre l’austérité», a précisé Mme Poirier Defoy. On espère ainsi que Québec «[les] reconnaisse et qu’on facilite le financement [des cuisines collectives]». «Avec la soupe, on peut nourrir le monde», de sommer la coordonnatrice.

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