Article – La liste d’attente dĂ©borde aux Cuisines collectives du Carrefour Drummond

Jamais la liste d’attente n’aura Ă©tĂ© aussi longue aux Cuisines collectives du Carrefour d’entraide Drummond et elle ne cesse de s’allonger. ConsĂ©quence de la hausse dĂ©mesurĂ©e du coĂ»t du panier d’Ă©picerie.
Au-delĂ  de manger sainement et d’Ă©conomiser, les cuisines collectives aide les personnes Ă  briser l’isolement, Ă  dĂ©velopper des compĂ©tences culinaires, Ă  savoir mieux gĂ©rer le budget et comprendre les spĂ©ciaux tout en apprenant Ă  les dĂ©celer. 
Une trentaine de personnes figurent prĂ©sentement sur la liste d’attente et le tĂ©lĂ©phone ne dĂ©rougit pas.«Actuellement, j’ai une quinzaine de groupes qui se rĂ©unissent minimum une fois par mois, indique Sophie Dionne, coordonnatrice des Cuisines collectives du Carrefour d’entraide Drummond. Jeudi matin, j’Ă©tais d’ailleurs en discussion avec ma directrice afin de voir la possibilitĂ© d’ouvrir un nouveau point de service, car les plages horaires de la cuisine du Carrefour sont toutes remplies.»À ses dires, les gens dĂ©sirent de plus en plus avoir accès Ă  des repas sains, diversifiĂ©s et Ă  petits prix. La stagnation des salaires et la hausse du prix de plusieurs aliments qui est supĂ©rieure au coĂ»t de la vie en privent toutefois plusieurs et c’est pour cette raison que la popularitĂ© des cuisines collectives est grandissante.«Avec l’achat de denrĂ©es en gros, les participants peuvent se permettre des repas bons pour la santĂ© et Ă©conomiques. De plus, ils sauvent sur l’Ă©picerie de base, par exemple, les huiles, la farine et le sucre, car c’est l’organisme qui dĂ©fraie ces coĂ»ts», explique la coordonnatrice.

Le prix des portions a doublé

Quoique encore abordables, l’organisme a dĂ» rĂ©viser les tarifs chargĂ©s aux participants pour chacune des portions.

«Jusqu’Ă  tout rĂ©cemment, il en coĂ»tait 1 $ par portion. Mais avec l’augmentation du prix du pain et des viandes avant les FĂŞtes et celle des fruits et lĂ©gumes survenue il y a quelques semaines, nous avons Ă©tĂ© dans l’obligation de hausser le tarif Ă  2 $ pour certains plats et Ă  2,50 $ pour d’autres», fait-elle savoir.

De surcroĂ®t, voulant rendre service Ă  tout le monde, Mme Dionne a pris la dĂ©cision d’ouvrir la cuisine chaque dernier jeudi du mois Ă  toutes les personnes se retrouvant sur la liste d’attente. «Le prix fixĂ© est Ă  2 $ par portion. Nous assumons la balance des coĂ»ts», laisse entendre celle qui doit jongler avec les budgets et des demandes en croissance.

«Le besoin est grand pour l’effectif que nous avons, dĂ©plore-t-elle. Je suis seule depuis plusieurs mois, parce qu’avec les coupes budgĂ©taires, l’autre poste Ă  temps complet a Ă©tĂ© coupĂ©. Par chance, je suis entourĂ©e d’une Ă©quipe de bĂ©nĂ©voles.»

«C’est dommage, car il y a tellement de choses Ă  dĂ©velopper. Il faut que je sois rĂ©siliente et que je fasse encore plus appel Ă  ma dĂ©brouillardise», poursuit-elle.

Celle-ci souhaite que les élus se sentent interpellés puisque les cuisines collectives répondent à un besoin réel dans la communauté.

«C’est l’autonomie alimentaire dont il est question. Nous rĂ©pondons Ă  un besoin de base, mais sans des sous rĂ©currents, nous ne pourrons pas dĂ©bloquer de nouveaux groupes ni dĂ©velopper de nouveaux projets et avoir une Ă©quipe stable», soutient-elle.

«Le bénéfice est large»

Au-delĂ  de manger sainement et d’Ă©conomiser, ce type de service aide les personnes Ă  briser l’isolement, Ă  dĂ©velopper des compĂ©tences culinaires, Ă  savoir mieux gĂ©rer le budget et comprendre les spĂ©ciaux tout en apprenant Ă  les dĂ©celer.

«Le bĂ©nĂ©fice est large, surtout lorsque l’on sait que toute la famille peut en profiter, affirme Mme Dionne. Chaque rencontre permet aux participants de concocter quatre ou cinq recettes donnant ensuite 20 Ă  30 repas individuels par personne.»

Chaque mois est consacrĂ© Ă  une thĂ©matique prĂ©cise. Les participants dĂ©cident par la suite en groupe les recettes qu’ils prĂ©pareront. Leurs choix sont basĂ©s selon leur goĂ»t, leurs besoins, mais surtout selon les rabais.

L’an dernier, ce sont 177 personnes qui ont fait appel aux cuisines collectives du Carrefour d’entraide Drummond. Celles-ci sont des femmes, des hommes, des personnes Ă  faible revenu, des gens plus aisĂ©s, des mamans en congĂ© de maternitĂ©, des dĂ©ficients intellectuels, de jeunes adultes en rĂ©insertion sociale, etc.

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